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Agenda

Juillet – Août 2013 : formation vacances en informatique

26 novembre – 03 décembre 2013  : Plateforme Vaincre le Handicap 2013

03 décembre 2013 : Journée Internationale des handicapées

Nos priorités

L'Autonomisation / Empowerment

Notre idéal est que les personnes handicapées soient placées au centre d'un processus de développement qu'elles conduiraient et adapteraient elles-mêmes, au fur et à mesure et suivant leurs aptitudes intellectuelles et personnelles, leurs propres méthodes d'apprentissage et leurs propres besoins

L'Autodétermination et la Participation

Entendue ici comme l'auto prise en charge par les personnes handicapées, de leurs destinées économique, professionnelle, familiale et sociale, l'acquisition, la mise en œuvre et l'application de nouvelles capacités et attitudes leurs permettent d'agir directement sur leur vie, en effectuant des choix non influencés par des agents externes

L'émergence

L'émergence et le développement d'une solidarité interactive au sein de la société en général

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Conférence : la législation et la vie des personnes handicapées : où en sommes-nous ?

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Mobilisation autour des handicapés

Il n’est pas inutile de rappeler que, célébrée chaque année le 3 décembre, la Journée internationale des personnes handicapées vise à faire mieux connaître les questions de handicap, les droits des personnes handicapées et les avantages qu’il y a à les associer à tous les aspects de la vie politique, sociale, économique et culturelle de leurs communautés. Elle est l’occasion de mobiliser les énergies pour veiller à ce que les personnes handicapées puissent exercer leurs droits humains et participer à la vie de la société sans réserve et dans des conditions d’égalité, conformément à l’objectif qui a été fixé par le Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées, adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1982.

Cadre systémique de protection de promotion et mise en oeuvre des droits de la personne handicapée au Cameroun

La protection et la mise en œuvre des droits des personnes handicapées au Cameroun trouvent sa base dans des instruments, accords et principes internationaux, régionaux et nationaux. Au regard de la régionalisation, un accent est mis sur la région d’Afrique et sur ce qui fait la particularité du cadre systémique de cette thématique au Cameroun.

Paragraphe 1 : Au Plan International et Régional Africain

I. Les instruments de promotion et de protection des droits des personnes handicapées et mécanismes de suivi

A. Les instruments

La présentation de ces instruments tient compte de la problématique des droits des personnes handicapées. Ainsi, ces instruments seront abordés à deux niveaux : au niveau onusien et au niveau africain.

1. Au niveau de l’Organisation des Nations Unies (ONU)

Les instruments internationaux sur la question des personnes handicapées sont contraignants. En ce sens, ils produisent pour les Etats des obligations d’assurer les droits humains aux personnes handicapées. Ils sont aussi non contraignants et sont de ce fait des sortes d’engagements pris par les Etats d’assurer les droits humains aux personnes handicapées. Ces instruments internationaux sont généraux ou spécifiques pour une catégorie de personnes handicapées.

1.1. Les instruments onusiens contraignants

Pour l’essentiel des instruments onusiens contraignants, il s’agit de :

1.1. a. La Déclaration universelle des droits de l’homme Articles 1, 2, 7 et 25

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits….. Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés … sans distinction aucune… Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi.

Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination … et contre toute provocation à une telle discrimination… Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être… notamment… droit à la sécurité en cas … d’invalidité…

1.1.b. Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels Articles 2, 6, 7, 11, 12, 13 et 15

« Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à garantir que les droits … seront exercés sans discrimination aucune…. Les Etats parties … reconnaissent le droit au travail…une rémunération égale pour un travail de valeur égale… le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant… de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre… à l’éducation… [L’éducation] doit mettre toute personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre… L’enseignement primaire doit être … accessible gratuitement à tous ; L’enseignement secondaire… doit être généralisé et rendu accessible à tous…L’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité… Les Etats parties … reconnaissent à chacun le droit…de participer à la vie culturelle ; de bénéficier du progrès scientifique et de ses applications… »

1.1.c. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques
Articles 2, 7, 14, 16, 17, 23, 25 et 26

« Les Etats parties … s’engagent … à garantir à tous les individus … les droits … sans distinction aucune… ; garantir que toute personne dont les droits et libertés … auront été violés disposera d’un recours utile… Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines

Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience médicale ou scientifique… Tous sont égaux devant les tribunaux et les cours de justice… Chacun a droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique… Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile… Le droit de se marier et de fonder une famille est reconnu à l’homme et à la femme…Tout citoyen a le droit et la possibilité… de prendre part à la direction des affaires publiques… ; de voter… ; d’accéder, dans des conditions générales d’égalité, aux fonctions publiques …Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi. A cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination… »

1.1.d. La Convention de l’organisation internationale du travail n°159 Sur la réadaptation professionnelle et l’emploi des personnes handicapées
Articles 2, 3, 4, 7 et 8

« Tout membre devra … formuler, mettre en œuvre … une politique nationale concernant la réadaptation professionnelle et l’emploi des personnes handicapées. Ladite politique devra avoir pour but de garantir que des mesures de réadaptation professionnelle appropriées soient accessibles à toutes les catégories de personnes handicapées et de promouvoir les possibilités d’emploi des personnes handicapées sur le marché libre du travail … Ladite politique devra être fondée sur le principe d’égalité de chance entre les travailleurs handicapés et les travailleurs en général. L’égalité de chances et de traitement entre les travailleurs handicapés et les travailleuses handicapées devra être respectée … Les autorités compétentes devront prendre des mesures en vue de fournir … des services d’orientation professionnelle, de formation professionnelle, de placement, d’emploi, et autres services connexes destinés à permettre aux personnes handicapées d’obtenir et de conserver un emploi et de progresser professionnellement … Des mesures devront être prises pour promouvoir la création et le développement des services de réadaptation professionnelle et d’emploi pour personnes handicapées dans les zones rurales et les collectivités isolées... »

1.1.e. La Convention relative aux droits de l’enfant
Articles 2, 19 et 23

« Les Etats parties s’engagent à respecter les droits …et à les garantir à tout enfant relevant de leur juridiction, sans distinction aucune…Les Etats parties prennent toutes les mesures … appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales… de mauvais traitements ou d’exploitation… Les Etats parties reconnaissent que les enfants mentalement ou physiquement handicapés doivent mener une vie pleine et décente, dans des conditions qui garantissent leur dignité, favorisent leur autonomie et facilitent leur participation active à la vie de la collectivité….les Etats parties reconnaissent le droit à des enfants handicapés de bénéficier de soins spéciaux, encouragent et assurent, … l’octroi, sur demande, aux enfants handicapés remplissant les conditions requises et à ceux qui en ont la charge, d’une aide adaptée …L’aide fournie…est conçue de telle sorte que les enfants handicapés aient effectivement accès à l’éducation, à la formation, aux soins de santé, à la rééducation, à la préparation à l’emploi et aux activités récréatives, et bénéficient de ces services de façon propre à assurer une intégration sociale aussi complète que possible et leur épanouissement personnel…

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1.1.f. La Déclaration des droits des personnes handicapées
Articles 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10

« Le handicapé doit jouir de tous les droits... Ces droits doivent être reconnus à tous les handicapés sans exception aucune et sans distinction ou discrimination… Le handicapé a essentiellement droit au respect de sa dignité humaine. Le handicapé, quelles que soient l’origine, la nature et la gravité de ses troubles et déficiences, a les mêmes droits fondamentaux que ses concitoyens…, ce qui implique en ordre principal celui de jouir d’une vie décente, aussi normale et épanouie que possible… . Le handicapé a les mêmes droits civils et politiques que les autres êtres humains… Le handicapé a droit aux mesures destinées à lui permettre d’acquérir la plus large autonomie possible… Le handicapé a droit aux traitements médical, psychologique et fonctionnel, y compris aux appareils de prothèse et d’orthèse ; à la réadaptation médicale et sociale ; à l’éducation ; à la formation et à la réadaptation professionnelles ; aux aides, conseils, services de placement et autres services qui assureront la mise en valeur maximale de ses capacités et aptitudes et hâteront le processus de son intégration ou de sa réintégration sociale…Le handicapé a droit à la sécurité économique et sociale et à un niveau de vie décent. Il a le droit, selon ses possibilités, d’obtenir et de conserver un emploi ou d’exercer une occupation utile, productive et rémunératrice….

Le handicapé a droit à ce que ses besoins particuliers soient pris en considération à tous les stades de la planification économique et sociale. … Le handicapé a le droit de vivre au sein de sa famille … et de participer à toutes activités sociales, créatives ou récréatives. Aucun handicapé ne peut être astreint… à un traitement distinct qui n’est pas exigé par son état ou par l’amélioration qui peut lui être apporté. Si le séjour du handicapé dans un établissement spécialisé est indispensable, le milieu et les conditions de vie doivent y être aussi proches que possible de ceux de la vie normale des personnes de son âge…. Le handicapé doit être protégé contre toute exploitation, toute réglementation ou tout traitement discriminatoires, abusifs ou dégradant »

2. Au niveau de l’Union Africaine

Au niveau régional africain, le principal instrument de protection des droits des handicapés est la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et ses protocoles additionnels.

Paragraphe 2 : Au Plan National

Sans exception aucune et sans distinction ou discrimination, la personne handicapée doit jouir de tous les droits. Ces droits doivent être reconnus et garantis par des textes et leur mise en œuvre doit être accompagnée de politiques, de cadres et de moyens adéquats. Qu’en est-il au Cameroun ? Ce paragraphe sera abordé en plusieurs points portants respectivement sur :

A. Les sources des droits des personnes handicapées au Cameroun

Au Cameroun, la promotion et la protection des droits des personnes handicapées trouvent leur source dans des textes internationaux auxquels le Cameroun est partie et dans des textes nationaux moins nombreux au rang desquels :

B. L’état des lieux

Au Cameroun, il n’existe pas de définition constitutionnelle du handicap. Toutefois, la loi N°83/013 du 21 juillet 1983 et son décret d’application n°90/1516 du 26 novembre 1990 relatif à la protection des personnes handicapées comblent ce vide. De plus, il faut noter que ces textes constituent le cadre juridique par excellence de protection des personnes handicapées au Cameroun. Cette loi qui comprend douze articles fait l’objet de critiques. Beaucoup trouvent que ses dispositions sont plus incitatives pour l’Etat que contraignantes. Cette loi permettrait ainsi à l’Etat de se mettre à l’abri des critiques et de combler l’écart qui existe sur le chapitre de la protection et de la promotion et l’intégration socio-économique des personnes handicapées. De cette façon, l’article 1 de la loi de 1983 définit la personne handicapée comme toute personne qui frappée d’une déficience physique ou mentale, congénitale ou accidentelle, éprouve des difficultés à s’acquitter des fonctions normales à toute personne valide.

Il faut noter que la loi de 1983 porte sur toutes les catégories des personnes handicapées existant au Cameroun et spécialement les aveugles, les sourds, les muets, les retardés mentaux etc…. Toutefois, la constitution du Cameroun garantit les droits de tous les citoyens y compris les personnes handicapées. Dans la pratique toutefois, elles sont reléguées au second rang dans plusieurs domaines dont l’emploi, l’éducation, l’environnement, la santé, les infrastructures etc..

La loi de 1983 en son article 3 (1et 2) interdit toutes formes de discrimination envers les personnes handicapées. Cette disposition est critiquée pour son ambiguïté parce que sa mise en œuvre est incertaine. A titre d’exemple, la famille et quelque fois la société manifestent peu d’intérêt en faveur des personnes handicapées. Outre l’existence de la loi en faveur des droits de la personne handicapée, un forum national sur les droits des handicapées s’est tenu en juin 2005. Une réflexion est engagée depuis quelques années pour la création d’un fonds de solidarité nationale en faveur des personnes handicapées et des associations caritatives soutiennent cette couche de vulnérables. Le Ministère des Affaires Sociales qui est la tutelle de cette population a signé avec le Ministère des Enseignements Secondaires, un document pour la gratuité de l’éducation secondaire des handicapés. Un décret du Président de la République institue une Carte nationale d’Invalidité.

C : Les structures gouvernementales traitant des questions relatives aux personnes handicapées

Le Ministères des Affaires Sociales est la principale structure gouvernementale en charge des personnes handicapées au Cameroun. Au sein de ce département ministériel, il existe une direction en charge de la promotion et de la protection des droits des personnes handicapées.

Ce ministère œuvre comme un parapluie sous lequel les autres organisations de la société civile s’abritent. Les missions de la direction en charge de la promotion et de la protection des droits des personnes handicapées sont les suivantes. A coté de ces structures purement gouvernementales, il existe au Cameroun une institution nationale de protection et de promotion des droits de l’homme désignée : la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés du Cameroun (CNDHL) et créée par la loi N° 2004/016 du 22 juillet 2004. Cette institution a des compétences générales dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de toutes les personnes y compris les personnes handicapées. Elle soumet dans le cadre de ses activités, des rapports annuels au Chef de l’Etat et au Président de l’Assemblée Nationale ainsi que des rapports semestriels aux Premier Ministre, au Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation ainsi qu’au Ministre de la Justice. Ses rapports peuvent également être adressés à ses partenaires internationaux et notamment onusiens. Dans le cadre la mise en œuvre de cette loi, une Sous- commission chargée des droits de catégories spécifiques a été créée au sein de cette Commission lors de sa première session ordinaire tenue en novembre 2006.

D : Le handicap et la pauvreté

Dans la société camerounaise, les personnes handicapées sont les plus vulnérables et les plus pauvres parce que la plupart d’entre eux sont sous scolarisés et sous employés. Nombreux vivent dans la rue et ont la mendicité pour occupation. La pauvreté est perçue comme un des facteurs qui entrave l’assistance que la société peut apporter aux personnes handicapées. En réalité, plusieurs familles au Cameroun vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Dans ces conditions, il leur est difficile d’apporter l’assistance requise aux personnes handicapées membres desdites familles.

Ainsi pour lutter contre la pauvreté dans le milieu des personnes handicapées, les mesures suivantes ont été envisagées par l’Etat :

Toutefois, les personnes handicapées ne sont pas toutes en possession d’une carte d’invalidité. Même celles qui possèdent cette carte ne bénéficient pas toujours d’une assistance quand elles se rendent dans les centres de santé au Cameroun.

E : L’éducation de la personne handicapée

Au Cameroun, la pratique dans les familles ou il existe un enfant handicapée est que le choix est porté sur l’enfant valide plutôt que sur l’invalide quand il s’agit d’encourager les enfants dans les études. Les enfants handicapées sont ainsi perçues par les familles comme étant non productif, comme des charges.

En considération du fait que les personnes handicapées sont des êtres humains au même titre que toutes les autres personnes dans la société, le gouvernement a élaboré un cadre spécifique de promotion et de protection de leurs droits. A cet effet, la loi de 1983 et son décret d’application ont assoupli les conditions de limitation de l’âge d’accès à l’école chez les personnes handicapées. L’article 5 (3) du décret de 1990 par exemple dispose que «  les élèves et étudiants handicapés sont autorisés à reprendre deux fois la classe fréquentée lorsque leur échec aux examens est lié aux difficultés inhérentes à leur état physique ou mental ». L’alinéa 4 du même article prévoie l’affectation du personnel qualifié dans les institutions privées d’éducation spéciales et l’attribution des subventions ou de matériel didactique spécialisé, l’attribution des bourses scolaires et universitaires, des dons en espèce ou en nature aux jeunes handicapés indigents et aux enfants nés des parents handicapés et nécessiteux.

Ces dispositions auraient été salutaires si elles étaient assorties de mesures de mise en œuvre contraignantes. Jusqu’ici, leur mise en œuvre reste lente et difficile. Il faut toutefois relever pour s’en féliciter qu’il existe un partenariat entre le Ministère des Enseignements Secondaires et celui des Affaires Sociales matérialisé par une circulaire conjointe N°34/06/LC/MINESEC/MINAS du 02 août 2006 garantissant la gratuité de l’éducation et des frais d’examens de fin d’année pour les élèves handicapés admis dans les établissements secondaires publics.

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F : La situation économique du Cameroun

La politique gouvernementale de lutte contre le chômage prend en compte les personnes handicapées. Parmi les mesures prises par le Gouvernement pour combattre le sous emploi, figure la création du Fonds National de l’Emploi (FNE) en qualité de structure d’accueil, d’orientation et d’encadrement des chercheurs d’emploi. Toutefois, il a été donné de constater que cette structure n’accorde toujours pas une place de choix aux personnes handicapées. Au regard de leurs conditions physiques et en considération de la loi existante, les personnes handicapées méritent une attention spéciale dans la mesure où les articles 15 à 20 du décret d’application de 1990 le prévoient. De cette façon les personnes handicapées peuvent solliciter et obtenir ces exonérations partielles ou totales de taxes au niveau du Ministère de l’Economie et des Finances.

H : L’emploi des personnes handicapées

Au Cameroun comme dans beaucoup d’autres pays africains, l’accès à l’emploi est difficile et constitue une préoccupation majeure pour beaucoup de jeunes personnes qualifiées y compris les jeunes handicapés. Les mesures pour palier cette difficulté pour les personnes handicapées qui sont les plus vulnérables sont contenues dans le décret de 1990 en son article 11 (1) qui dispose que « les personnes handicapées justifient d’une formation professionnelle ou scolaire, bénéficient des mêmes conditions de recrutement et de rémunération aux emplois publics et privés que les personnes valides lorsque le poste est compatible à leur état. Toutefois, elles ne peuvent être soumises qu’aux épreuves compatibles avec leur condition ». L’alinéa (2) de cet article ajoute qu’ « En aucun cas, le handicap ne peut constituer un motif de rejet de leur candidature, ou de discrimination ».

Une lecture approfondie de cet article démontre d’une contradiction sérieuse entre les dispositions des deux alinéas. Alors que l’alinéa (1) dispose que la personne handicapée peut seulement prendre part aux examens compatibles avec sa condition, l’alinéa (2) quant à lui dispose que le handicap ne peut pas constituer un obstacle à un recrutement. De ces deux textes, on peut conclure à une discrimination et à une exclusion des personnes handicapées des processus de recrutement.

En réalité au Cameroun, il existe une multitude de concours auxquels les personnes handicapées peuvent prendre part, mais leurs candidatures ne sont toujours pas acceptées. Au delà, il n’existe pas de réglementation nationale qui précise les conditions de leur recrutement et le type de recrutement pour lequel elles peuvent postuler. En outre, l’article 12 du décret précité dispose que « les entreprises publiques ou privées réservent autant que possible aux personnes handicapées, les emplois qui leur sont accessibles dans la proportion de 10% au moins ». Une fois de plus, il est regrettable de relever que cette disposition aussi n’est pas appliquée.

I : L’accessibilité en faveur des personnes handicapées

La loi de 1983 et son décret d’application ont réglementé l’accessibilité des personnes handicapées à certains édifices. Par exemple l’article 34 du décret prévoie l’aide à l’habitat, et la réduction des tarifs de transport pour les personnes handicapées.

L’article 35 dispose que « dans la cadre des études et de la réalisation de certains logements sociaux, les maîtres d’ouvrage publics peuvent prévoir dans leurs programmes une certaine proportion de logements spécialement aménagés pour accueillir des personnes handicapées à mobilité réduite ou en fauteuil roulant ».

L’article 39 du même décret prévoie que « les places, les édifices publics et les ensembles immobiliers d’habitation comportent autant que possible des parkings réservés, de toilettes publiques, des cabines téléphoniques spéciales et des équipements adaptés à la condition physique du handicapé. Ils doivent obéir aux normes d’accessibilité prévues aux articles 37 et 38 ci-dessus ». Depuis la promulgation de ce décret il y a 17 ans, il n’y a pas eu d’initiative de mise en œuvre de cette disposition. Le statu quo demeure.

J : L’environnement et les personnes handicapées

C’est avec un grand regret que nous notons qu’au Cameroun, il n’existe pas de cadre légal permettant aux personnes handicapées de jouir de leur droit à un environnement saint et confortable tel que l’on peut l’observer dans les domaines de la construction des édifices, des routes qui ne tiennent absolument pas compte de la condition des personnes handicapées.

K : La communication et les personnes handicapées

Les personnes handicapées sont davantage exposées aux barrières dans le domaine de la communication. Aucune action concrète n’a été prise par le Gouvernement pour leur donner un accès facile à l’information. Cette responsabilité a une double implication.

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En premier lieu, la loi de 1983 et son décret d’application ne sont pas contraignants. Il est de cet fait impératif de stimuler le parlement à voter le projet de loi élaboré par le Ministère de Affaires Sociales qui consacre une part belle à le répression aux autorités ou des acteurs qui n’intègrent pas les personnes handicapées dans leurs programmes politiques, sociaux ou économiques.

Dans un autre ordre d’idées, les médias sont quasi indifférents quant à la question des personnes handicapées au Cameroun. Leur attitude influence négativement la politique de promotion et de protection des droits des personnes handicapées qui est mise sur pied. Nous sommes sans ignorer que les médias sont des moyens de communication à large spectre qui ont une force de transformation sociale incomparable. Leur implication est nécessaire pour le changement dans la perception sociale mentale des populations sur la question des personnes handicapées.

L : Le social au Cameroun

Au plan social au Cameroun, la personne handicapée souffre de la discrimination à plusieurs niveaux. Dans sa famille, au niveau des voisins et de la société toute entière. L’une des approches adoptées par le gouvernement pour combattre cette discrimination, est l’intégration par voie des dispositions législatives et réglementaires, des personnes handicapées dans des activités sportives, récréatives et dans les compétitions internationales. Suivant l’article 21(2) du décret, un programme d’éducation physique et sportive est prévu pour les personnes handicapées au niveau du secondaire et des universités.

M : Les droits civils et politiques

Tout comme les personnes valides, les personnes handicapées qui sont des citoyens camerounais disposent des droits égaux prévus dans la constitution du Cameroun. Il s’agit par exemple du droit de vote et du droit de participer aux affaires politiques de son pays. Cependant, les dispositions pratiques ne sont pas toujours prises pour permettre à la personne handicapée d’assurer ces droits. Les bureaux de vote par exemple au Cameroun ne sont pas adaptés au vote des personnes aveugles.

N : L’aide aux personnes handicapées

L’article 23 (2) du décret de 1990 dispose que des assistances collectives peuvent être apportées aux groupes et organisations de personnes handicapées, aux organisations reconnues qui s’occupent des personnes handicapées ou de leur familles. En outre, l’article 24 (2) dispose que les centre pour personnes handicapées peuvent bénéficier des subventions en conformité avec la législation existante. Au delà, ils peuvent être autorisés à assurer la gestion des aides en faveur des personnes handicapées dont ils ont la charge.

O : Infractions à la législation relative aux personnes handicapées

Le décret de 1990 en son article 43 dispose que : « est puni des peines prévues à l’article 315 du Code pénal :

Il est important de noter que la législation camerounaise est très limitée en ce qui concerne les infractions à la réglementation sur les personnes handicapées. Outre les infractions attachées à la délivrance d’une fausse carte d’invalidité, la législation en vigueur ne prévoie pas d’infraction dans les autres cas de violation des droits humains des personnes handicapées.

La solidarité nationale.

La ministre des affaires sociales, Catherine Bakang MBock, revient souvent, à chaque célébration, sur l’impérieuse nécessité de participer au mouvement de solidarité nationale en faveur des handicapés. Mais elle évoque aussi l’ensemble des actions que le gouvernement au moyen de son ministère et des ministères connexes a prennent en faveur de la personne handicapée. On peut citer l’entrée en vigueur de la loi portant promotion et protection des personnes handicapées : Donnant suite aux recommandations du forum sur la solidarité nationale, tenu à Yaoundé en juin 2005, la ministre des affaires sociale et son collègue Bapès Bapès Louis des enseignement secondaires, avaient signé une circulaire en faveur de la gratuité de l’école pour les enfants camerounais handicapés ou de parents handicapés dans les établissements scolaires publics.

Beaucoup reste à faire

Pourtant malgré tous ces efforts les personnes handicapées qui comptent pour une bonne part de la population camerounaise, se heurtent encore à des obstacles qui les empêchent de participer à la vie de leurs communautés. Elles sont souvent contraintes de vivre en marge de la société. Elles sont souvent victimes de préjugés et de discriminations, et se voient régulièrement refuser la jouissance de droits aussi élémentaires que le droit à l’alimentation, à l’éducation, à l’emploi, aux soins de santé et à la médecine de la procréation. C’est pourquoi leur épanouissement est au cœur des préoccupations de toutes les composantes de la Société Camerounais. Un exemple est assez illustratif de la situation qui prévaut : celle d’une jeune femme handicapée (Jeannine Nsonga) des deux jambes, elle vit encore chez ses parents. Lorsqu’un homme m’approche par exemple, il se comporte comme un clignotant ; lorsqu’on est à deux, il m’aime et lorsque nous sommes en public, il devient distant, ce qui fait que je préfère rester seule affirme t’elle.

Le soutien de la communauté internationale

Au niveau international, l’une des méthodes efficaces destinées à associer les personnes handicapées au développement est la réadaptation à base communautaire (RBC), qui est appliquée dans plus de 90 pays du monde. Élément constitutif de la stratégie globale de développement local visant à réduire la pauvreté, égaliser les chances et faire participer les personnes handicapées à la vie de la société, la RBC est une méthode souple et dynamique, qui s’adapte à la diversité des conditions socioéconomiques : terrains, cultures et systèmes politiques de par le monde et englobe l’accès aux soins de santé, à l’éducation, aux moyens d’existence, à la participation à la vie locale et à l’intégration dans la communauté.

Au Cameroun, le premier et l’unique recensement des personnes handicapées a été effectué entre 1984-1985. Les résultats ont été donnés entre 1986 et 1987. Quatre vingt douze mille cent quatre vingt (92.180) personnes handicapées ont alors été recensées, soit cinquante cinq mille huit cent vingt trois (55.823) hommes et trente six mille cinq cent cinquante sept (36.557) femmes. Du fait de nombreuses difficultés, ce recensement n’a pas couvert tout le territoire national et il a été réduit à une sorte d’enquête par échantillonnage. Et les catégorie suivantes ont été recensées : aveugles, monoplégiques, sourds, paraplégiques, amputés, hémiplégiques, malades et handicapés mentaux, diplègiques, mutilés, quadriplégiques etc…

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